Actions du 13 avril 2016

Communiqué de presse – 13 avril 2016

La Seine-Saint-Denis debout pour défendre ses écoles

Pour dénoncer l’absence de remplaçants dans les écoles,

près de 200 écoles du 93 sont occupées par les parents d’élèves 

Aubervilliers, Bagnolet, Blanc-Mesnil, Bobigny, Drancy, Dugny, Epinay-sur-Seine, Ile-Saint-Denis, la Courneuve, Montfermeil, Montreuil-sous-Bois, Neuilly-sur-Marne, Pantin, Saint-Denis, Saint-Ouen, Sevran, Le pré saint Gervais, Tremblay en France…

Cette mobilisation, initiée par les Bonnets d’âne de Montreuil, Saint-Ouen et Saint Denis, le Collectif des parents citoyens du 93 et la FCPE 93, est inédite par l’écho qu’elle a trouvé chez tous les parents. À Aubervilliers, Montreuil, Saint-Denis et Saint-Ouen, parents et enseignants se rassemblent devant les mairies pour des pique-niques de la colère. Cette mobilisation exceptionnelle marque le ras-le-bol de familles confrontées, depuis des années, à des difficultés qui ne font que s’aggraver.

D’après les informations rassemblées par les parents, 400 classes du primaire sont sans enseignant chaque jour en Seine-Saint-Denis. Le Ministère de l’Éducation nationale refuse de fournir des chiffres précis sur ces absences non remplacées. Il refuse également de communiquer des données sur le statut et la formation des adultes envoyés devant les élèves. On sait que dès la rentrée, les remplaçants titulaires ont été rapidement affectés sur des classes à l’année. Les absences de courte durée n’ont dès lors quasiment jamais été remplacées.

Pour celles prévues de longue date (congés maternité et paternité ou formations), aussi, un remplaçant manque souvent à l’appel. Et les remplacements existants se font dans des conditions déplorables : comme l’année dernière et malgré les injonctions faites au Ministère par le Défenseur des droits, des adultes ont été recrutés via Pôle Emploi et envoyés sans formation devant les élèves. Certains enfants n’ont pas eu classe pendant des semaines, certains – parfois les mêmes – ont connu une dizaine d’« enseignants » différents. Tout le monde souffre : les enfants, les enseignants, les directeurs, les remplaçants et les parents. Les témoignages se multiplient : une enseignante avec 60 enfants de maternelle durant toute une journée ; des parents sommés de prendre des congés pour garder leur enfant ; une remplaçante ivre devant des CP. Face à ces situations, la réponse de la DSDEN a été de multiplier les recrutements via Pôle Emploi et de geler les formations des enseignants de REP+, annoncées à grands renforts de communication au moment de la réforme de l’éducation prioritaire.

Ce problème est chronique et les parents se mobilisent chaque année sur ce problème. En 2016/2017, nous disons stop au non-remplacement et nous exigeons un enseignant formé devant chaque classe tous les jours de l’année scolaire.

Nous demandons que dès aujourd’hui, les absences soient systématiquement remplacées dans toutes les écoles, collèges et lycées. Nous voulons un véritable plan d’urgence, qui commence par le recrutement des candidat-e-s sur liste complémentaire du concours supplémentaire de l’académie de Créteil de 2015. Tout doit être mis en œuvre pour que, le plus rapidement possible, les adultes en charge de nos enfants soient des enseignant-e-s formés. Pour cela, il faudrait au minimum doubler le nombre de places au concours supplémentaire de 2016. Le gouvernement annonce « 9 mesures pour les écoles du 93 », une « nouvelle éducation prioritaire », la « priorité jeunesse », et affiche son souci d’en finir avec les inégalités territoriales. Pourtant nos écoles manquent de tous les personnels nécessaires à la prise en charge des enfants en difficulté (RASED, AVS, médecins et psychologues scolaires, assistantes sociales).

Nous réclamons tout simplement, pour nos enfants, que l’État consacre à leur scolarité les moyens nécessaires au respect de leur droit à l’éducation.

Une conférence de presse se tiendra mercredi 13 avril à 15h place Jacques Bainville à proximité du Ministère de l’Education nationale pour faire le bilan de cette journée et présenter nos propositions.

Le plan d’avenir pour l’école dans le 93, c’est maintenant !

Le collectif des 21 villes mobilisées

Aubervilliers, Bagnolet, Blanc-Mesnil, Bobigny, Drancy, Dugny, Epinay-sur-Seine, Ile-Saint-Denis, la Courneuve, Montfermeil, Montreuil-sous-Bois, Neuilly-sur-Marne, Pantin, Saint-Denis, Saint-Ouen, Sevran, Le pré saint Gervais, Tremblay en France…

Contacts presse

Saint Denis Sibylle (07 89 05 16 55) Saint-Ouen Xavier (06 61 30 89 83)
Montreuil Nathalie Baneux (06 78 88 07 28)       Marine (06 71 14 76 53)
Aubervilliers

FCPE93

Site web des différents collectifs pour trouver des informations:

http://collectifparentseleves93.com

http://93.fcpe-asso.fr

http://ministeredesbonnetsdane.tumblr.com

Le Parisien du 13/04/2016

200 écoles du 93 bloquées pour dénoncer les classes sans instit

Floriane Louison | 12 Avril 2016, 19h12 | MAJ : 12 Avril 2016, 19h12
Le Raincy, avril. L’école des Fougères a subi des difficultés de remplacement des instituteurs absents. Notamment, 8 maîtresses se sont succédé dans une classe de CM 1.
Le Raincy, avril. L’école des Fougères a subi des difficultés de remplacement des instituteurs absents. Notamment, 8 maîtresses se sont succédé dans une classe de CM 1. (LP/F.L.)

Ils réclament une « école normale », « des classes avec un instituteur tous les jours devant les élèves ». Ce mercredi, près de 200 maternelles et primaires de Seine-Saint-Denis seront occupées par les parents pour dénoncer le non-remplacement des profs absents.

Une mobilisation « inédite », selon les organisateurs, des collectifs et associations de parents d’élèves du 93. Ensemble, ils se déplaceront à 15 heures devant le ministère de l’Education nationale pour demander « un plan d’urgence » et une rencontre avec la ministre, Najat Vallaud-Belkacem.

Selon leurs chiffres, en moyenne 400 classes sur 8 309 se retrouvent, au quotidien, sans maître ou maîtresse. Un chiffre invérifiable. Aucune donnée officielle n’est transmise par l’Education nationale. Mais les témoignages des parents et enseignants, aux quatre coins du département, révèlent une situation tendue.

Journée critique avec 60 élèves dans une classe de maternelle.Soumise à un droit de réserve, cette maîtresse de maternelle décrit anonymement une journée critique : « sur 5 classes, il y avait 3 absences non remplacées. Je me suis donc retrouvée avec 40 élèves en plus des miens ! Mes collègues d’élémentaire ont pu accueillir quelques maternelles pour m’aider mais au final, personne dans l’école n’a pu travailler dans de bonnes conditions. Et je ne parle même pas des normes de sécurité et d’encadrement. »

Le Raincy : 8 maîtresses différentes depuis la rentrée. Salima est mère d’un élève de CM 1 au sein de l’école des Fougères au Raincy. « Depuis la rentrée, il a vu défiler huit instits différents : la première maîtresse a été mutée un mois après la rentrée, la 2e a duré jusqu’à la Toussaint, la 3e jusqu’aux vacances de février, etc. A chaque fois, il y a eu des périodes de battement avec des jours sans école. La classe n’a plus de devoirs depuis décembre ! » Cette mère de famille, ex-enseignante, estime que « les élèves ont pris un gros retard sur le programme ». Elle a fini par solliciter le Cned (Centre national d’enseignement à distance) pour obtenir les cours par correspondance et assurer le rattrapage à la maison.

Saint-Ouen : 750 journées d’absences non remplacées depuis la rentrée. C’est un chiffre « à minima » du collectif des parents d’élèves de Saint-Ouen, l’une des villes où la situation est particulièrement difficile. Il n’est pas confirmé par l’Education nationale. Le collectif, lui, défend sa méthode : « nous avons mis en place un référent dans chaque établissement qui remonte les données une fois par semaine. » D’autres associations, notamment, la FCPE ou le collectif du « ministère des bonnets d’âne », ont mis en place des outils similaires pour mesurer l’ampleur des difficultés. Le maire (UDI) de Saint-Ouen, William Delannoy, soutient cette démarche dans une lettre envoyée aux maires du 93 : « je propose que nous demandions à l’Education nationale d’être parfaitement transparente sur ces chiffres. »

Saint-Ouen : manifestation des parents d’élèves, en mars, devant la mairie

Montreuil : 10 jours d’occupation du bureau du directeur. Avant les vacances de février, les parents de l’école Daniel-Renoult, à Montreuil, ont occupé, pendant 10 jours, le bureau du directeur. Ils recommencent ce mercredi. « Cela fini par payer, assure Anissa, une maman. A chaque absence, on bombarde de mails et de fax l’Education nationale pour demander une solution et, aujourd’hui ; on obtient plus régulièrement des remplaçants. Mais on continue pour tous les écoliers du département dans des situations encore pires que la nôtre qui n’ont pas la chance d’être dans des écoles aussi mobilisées. »

Occupation de l’école Renoult à Montreuil par les parents en colère

110 postes de remplaçants créés à la rentréePour la direction académique de Bobigny, « la situation du remplacement s’améliore dans le département». « Elle s’est améliorée à court terme par la décision, début février, de l’inspecteur d’académie de reporter certaines sessions de formation d’enseignants. » Une mesure qui a permis de limiter les absences à remplacer. Mais elle insiste surtout sur la rentrée prochaine : « le renforcement des moyens de remplacement a été pris en compte, communique t-elle. Ce sont 110 postes dédiés qui sont créés dès septembre prochain. » Et rappelle aussi quelques chiffres : « le département compte actuellement 1229 postes de remplacants des congés longs – qui sont assurés en priorité – et congés de courte durée pour faire face, avec une attention quotidienne, aux situation d’absences dans les 8309 classes de Seine-saint-Denis. »

NON remplacement, ça suffit !

Unknown-4Chers parents, 

Comme vous, nous trouvons inacceptable que de la maternelle à la terminale, tant de cours ne soient pas assurés. Comme vous, nous pensons qu’il n’est plus possible de continuer à agir chacun de son côté, c’est d’ailleurs pour cela que nous sommes engagés à la FCPE. 

C’est pourquoi la FCPE de la Seine-Saint-Denis vous propose de signaler sur ce site le non-remplacement d’un ou plusieurs enseignants dans l’établissement où vous êtes parent d’élèves.

Une fois collectées et analysées, ces informations nous serviront de base pour revendiquer postes et remplacements pérennes auprès de l’Education nationale, ainsi qu’à nous faire une idée de la situation générale sur le département en publiant les déclarations par ville et niveau. 

La pratique nous montre que c’est en œuvrant dans l’intérêt de tous les enfants que nous agirons dans l’intérêt du vôtre.  A la FCPE de la Seine-Saint-Denis nous savons par expérience qu’agir chacun de son côté, c’est acter le monde de la débrouille, un monde où c’est celui qui criera le plus fort qui obtiendra satisfaction. Ensemble nous pouvons gagner. Ensemble exigeons une Ecole normale. Une école dans laquelle la naissance et le lieu de résidence ne soient plus un plafond de béton au-dessus de la tête de nos enfants.

La FCPE de la Seine-Saint-Denis

AG FCPE 93 : NON remplacement, ça suffit ! AG FCPE 93 : NON remplacement, ça suffit !

Une Assemblée générale de la FCPE 93 dédiée  « NON remplacement, ça suffit ! »

19/03/2016

toc toc 2 eabd3NON remplacement, ça suffit ! La question des non-remplacements des enseignants absents n’est plus supportable. Les dispositifs d’alerte et les mobilisations de parents ne semblent plus suffire à endiguer ce phénomène pénalisant pour la scolarité de nos enfants…

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